Anye Nde Nsoh, responsable régional Nord-Ouest du journal « The Advocate » et animateur de radios locales dans la région anglophone du Nord-Ouest, a été tué par des séparatistes dimanche dernier à Bamenda. Selon les témoignages, les assaillants ont ouvert le feu sur lui lors d’une cérémonie où il était présent en tant qu’imprésario, avant de fuir à moto. Cette attaque révèle une nouvelle fois le climat de violence qui sévit dans la région anglophone du Cameroun.
Depuis plusieurs années, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont le théâtre d’un conflit entre les séparatistes, qui réclament l’indépendance de ces régions, et les forces gouvernementales. Ce conflit a déjà causé des milliers de morts et poussé des centaines de milliers de personnes à fuir leur domicile. Les journalistes, en particulier ceux qui adoptent une ligne critique ou indépendante, sont particulièrement visés par les séparatistes.
En janvier 2023, le journaliste Martinez Zogo avait été retrouvé mort et gravement mutilé cinq jours après son enlèvement. Il avait été le deuxième journaliste assassiné après Samuel Wazizi en 2019 dans la ville de Buea en zone anglophone. En mars 2022, le journaliste Paul Chouta avait également été enlevé et agressé par des individus non identifiés.
Selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), le Cameroun est classé 138e sur 180 pays en matière de liberté de la presse.
L’assassinat d’Anye Nde Nsoh rappelle une fois de plus la nécessité de protéger les journalistes dans les zones de conflit. Les autorités camerounaises et les groupes séparatistes doivent prendre des mesures pour garantir la sécurité des journalistes et des civils non armés, et mettre fin à la violence qui sévit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays.